De retour de mon quatrième déplacement sur la ligne de front avec mon collègue et ami sénateur François Bonneau, un constat s’impose : l’Ukraine nous oblige à repenser notre modèle militaire.
Il y a encore trois ans, personne n’imaginait qu’un pays pourrait produire et utiliser plusieurs millions de drones par an. Aujourd’hui, la guerre en Ukraine démontre que les conflits évoluent plus vite que nos programmations militaires.
La guerre qui se joue en Ukraine en 2026 n’a déjà plus rien à voir avec celle de 2023. Les drones, la guerre électronique et la capacité d’adaptation transforment profondément les équilibres stratégiques.
Face à cette révolution, une simple actualisation de notre Loi de programmation militaire ne suffira pas. C’est une véritable refondation capacitaire que nous devons engager pour préparer les armées françaises aux conflits de demain.
L’expérience ukrainienne nous montre également qu’il faut parfois savoir sortir des schémas traditionnels. Sans marine, l’Ukraine est parvenue à contester la domination russe en mer Noire grâce à l’innovation et à l’emploi massif de nouvelles technologies.
Nous devons tirer toutes les leçons de cette transformation. Trop souvent, nous restons focalisés sur de coûteux programmes complexes de long terme alors que la réalité du terrain évolue à une vitesse inédite. C’est la revanche de l’artisan sur l’industriel.
Oui, la France doit consacrer davantage de moyens à sa défense. Mais l’enjeu n’est pas seulement de dépenser plus. L’enjeu est de dépenser mieux, d’innover plus vite et de bâtir les capacités qui garantiront demain notre souveraineté, notre sécurité et notre liberté.
Philippe Folliot
Co-Président de l’Alliance Centriste
Sénateur du Tarn
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